Un
béret rasta soutient sa longue tignasse
de dreads, les lunettes qu’il arbore rappellent
celles de Johnny Depp dans le film Las Vegas
Parano. L’énorme chevalière
et le collier clinquant en or complètent
le sentiment d’avoir affaire à
un curieux mutant italiano-jamaïcain.
Né en Sicile en 1977, Alborosie, ou Alberto
d’Ascola pour les intimes, est le premier
artiste reggae italien à se déployer
sur la scène internationale. A 15 ans,
il forme son premier groupe, Reggae national
tickets. Ces jeunes stars connaissent un succès
mondial avec Il mondo et Il remedio, au point
de jouer en live au Sunplash et au Sumfest en
Jamaïque dans les années 90. Une
performance qu’aucun groupe italien n’avait
réalisée auparavant.
Mais Alberto d’Ascola s’est marié
avec la musique pour le meilleur comme le pire
et se sent vite étouffé dans un
petit pays comme l’Italie. Il n’hésite
pas à abandonner les contrats avec Universal
pour partir à la rencontre de ses inspirateurs
jamaïcains. Avec seulement 1500 dollars
en main, le gouvernement italien n’ayant
pas ménagé Alberto à son
départ, ce dernier arrive en Jamaïque
en 2000. Là où la musique est
plus qu’un art, un style de vie.
Au pays du reggae, Alberto multiplie les expériences.
Entre la gestion du studio de John Baker (ex-producteur
de Pm Dawn) et la composition de riddims pour
plusieurs artistes (Wyclef, entre autres), il
enregistre Manu Chao lors de son passage en
Jamaïque.
Alberto d’Ascola renoue avec le succès
en 2006, sous le nom d’Alborosie. Son
motto : raviver le son roots des années
70 et 80 face à la musique globalisée
d’aujourd’hui. Un véritable
retour aux racines qui étonne les producteurs.
Son secret : utiliser beaucoup d’acoustique.
Grand piano et clarinette s’entassent
dans les studios d’enregistrement.
Et maintenant on ne compte plus les pointures
qui pactisent avec Alborosie : Morgan Heritage,
Mickael Rose ou encore Ki Many Marley. Et pour
compléter le tout, Alborosie travaille
même avec Tuff Gong, le label de Bob Marley.
Depuis la sortie de son album « Soul pirate
» au printemps 2008, Alborosie plafonne
aux sommets des charts en Jamaïque, aux
Etats-Unis, en Angleterre.