O
: Tu es à Paris pour présenter ton
nouveau projet ?
Amayo : Oui ce projet s’appelle Fu Arkist
Ra. Il vient de mes croyances et de mon style
de vie. Je cherche l’équilibre avec
mon environnement. Je fais de la musique, que
j’adore, je pratique également le
sport et j’essaie aussi d’étudier
afin de mieux connaître la planète.
Dans ce projet j’essaie de faire partager
artistiquement, mon rapport au monde. Pour le
dire simplement c’est une sorte de rencontre
du Kung Fu et de l’Afrobeat.
O : D’où te vient cet intérêt
pour le Kung Fu et la culture chinoise ?
Amayo : Cela a commencé dès l’âge
de neuf ans, où j’ai commencé
à m’intéresser très
fortement au Kung Fu. Depuis mon intérêt
n’a pas faibli…D’ailleurs en
tant que Sefu, je dois le partager.
O : Qu’est ce qu’un Sefu ?
Amayo : C’est une sorte de maître
de Kung Fu. Qui n’est pas seulement l’art
de combattre mais aussi l’art de l’excellence,
une philosophie, une façon de vivre…
Toutes les passions que tu as, tu peux les mener
avec cette discipline qui est développée
dans le Kung fu …
O : Concrètement sur scène comment
se passe cette rencontre entre Kung fu et Afrobeat.
Amayo : J’essaie de mettre sur scène
les ingrédients d’une nuit de Kungfu
réussie : du mouvement, de la danse, des
rythmes, il y a également des petites parties
qui racontent des histoires de Kungfu. Et puis
j’utilise aussi ces mélodies particulières,
qui sont Yoruba, j’essaie de montrer leurs
similarités avec les mélodies asiatiques
et de démontrer que nous partageons tous
la même histoire, en tant qu’êtres
humains…
O : Je voudrais qu’on revienne sur ton enfance,
tu es né au Nigéria ?
Amayo : Oui, dans toutes les écoles où
j’ai été, j’étais
engagé dans des actions sportives, ma maison
était dans le quartier du club de Fela,
qui n’était pas si populaire à
l’époque car c’était
en banlieue. Je suis donc allé voir Fela,
même si c’était un lieu interdit
pour les enfants (en tout cas si tu venais d’une
bonne famille). J’étais très
réceptif à son message politique…
O : Tu as rencontré Fela qu’est ce
tu retiendras de lui ?
Amayo : Je suis allé dans cette pièce
spéciale « social room », il
nous a dit « les garçons il faut
travailler et lire des livres » j’étais
très impressionné de le voir….
Tout ça, je m’en souviens aujourd’hui
et ça m’inspire inconsciemment pour
ma musique.
O : Commencé s’est passée
ton arrivée au USA ?
Amayo : Tous les enfants avec qui j’ai grandit
rêvaient d’aller aux Etats-Unis, quand
j’étais au lycée, j’ai
vu un film qui s’appelait « car wash
» un classique. La musique, les acteurs,
tout dans le film m’a donné envie
et j’ai su que j’irais là bas
un jour. Artistiquement c’était également
« the place to be », dans les années
70’s, avec l’arrivée de la
funk et du rythm & blues…
O : Quel est ton meilleur souvenir de scène
?
Amayo : C’était avec Antibalas au
Canada, une grosse scène devant 2000 personnes…
J’ai dit quelque chose au micro, il y avait
une femme avec un enfant devant moi. L’enfant
et moi nous nous regardions, tout le monde a levé
ses mains et à ce moment un vent s’est
levé et a balayé tout le public…
; ce qui a donné une impression vraiment
spéciale…Tous ces instants rapprochent
les musiciens…
O
: Comment ça a commencé avec Antibalas
?
Amayo : C’était au moment de la mort
de Fela, à l’époque j’étais
très actif à Brooklin, j’organisais
des spectacles de mode dans ma boutique…
Antibalas avait commencé à jouer
depuis 2 mois seulement… Deux gars sont
venus me voir, dont Martin, ils m’ont dit
qu’ils jouaient de l’Afrobeat et demandé
si ça m’intéressait de jouer
avec eux. Je suis donc allé les voir en
concert et c’était bien, puis j’y
suis retourné pour jouer du shakere. Juju,
qui fut batteur de Fela, était là,
tout ça m’a paru très sérieux
et j’ai décidé de m’investir.
Au début j’étais invité
et petit à petit j’ai intégré
le groupe…
O : De quels instruments tu joues.
Amayo : D’abord des percussions. Pour moi
tous les instruments sont des percussions. Je
travaille mon piano, après j’aimerais
bien travailler les cuivres, aussi, le chemin
sera long.
O : Quels sont tes objectifs pour les deux prochaines
années ?
Amayo : J’aimerais agir, continuer ce que
je fais actuellement à Paris. Je crée
un groupe de musiciens qui joue mes compositions,
celles-ci servent de fenêtre et de base
pour l’improvisation et les collaborations…Mon
objectif est d’avoir une performance mensuelle,
tous les mois à Paris autour de l’Afrobeat.
O : D’où vient le nom Amayo ?
Amayo : Du Nigéria, Je suis aydo (centre
ouest du nigéria) et aussi Yoruba. Cela
veut dire, « si tu n’y vas pas, tu
ne sauras jamais ». C’est donc un
nom très puissant que j’ai essayé
de suivre.
O : J’ai entendu dire que tu étais
un très bon cuisinier, si tu avais 5 minutes
pour préparer quelque chose, que ferais
tu ?
Amayo : Des bananes plantains. Elles doivent être
douces, je les lave, je mets du beurre de noix
de coco, je les coupe en morceaux, j’ajoute
un peu de sel, du gingembre, des épices,
et je les mets à frire avec de l’huile
bouillante 4 minutes. C’est très
rapide et je vous promets que ce sera croustillant
à l’extérieur et moelleux
à l’intérieur !