C’est l’histoire d’une bande de copains, autodidactes, qui se retrouvent sur le devant de la scène. Et peut-être pas la scène qu’ils avaient prévu au départ. De formation théâtrale, Nawel Ben Kraiem a su rassembler des musiciens en herbe de talents pour former le groupe Cirrus. Nawel ne cache pas qu'elle n’a pris que quatre cours de chant en tout et pour tout dans sa vie!
Difficile de classer la musique de Cirrus, peut-être qu’elle vole au dessus des nuages…Si Nawel a des origines franco-tunisiennes, ce n’est pas pour autant qu’elle rappelle les chanteuses traditionnelles de l’Orient. Sa voix joliment éraillée, grave, la rapprocherait plutôt d’une Alison Goldfrapp à ses débuts, lorsqu’elle chantait « Lovely Head » ou encore « Human ».
La musique de Cirus est effectivement planante et aérienne, un excellent voyage musical : ici les sonorités des percussions orientales fusionnent avec un violon expérimental. Un violon qui souffle tantôt aux rythmes d’un folk nordique ou s’amuse à envoyer un clin d’œil à Ennio Moricone comme dans le titre « She Kills ». Un savoureux mélange épicé de rythmes rock qui ont bercé l’enfance des musiciens. Une production éclectique qui explique les influences du groupe : Nosfell et Bjork. Un grand espoir récompensé par le Prix Monte Carlo Doualiya en octobre 2008.
Si à l’encontre de Nosfell, Nawel n’a pas encore inventé sa propre langue, elle chante en arabe, en anglais, en français, « chaque langue étant appropriée pour une histoire particulière », précise-t-elle. Fin mars, Cirrus sort son premier album « Mama please ».
Aline Fontaine