La voix de la sagesse, c'est bien la direction
que prennent les talents du poétique
Davy Sicard. Ce trentenaire qui compte déjà
à son palmarès les premières
parties de Souad Massi, Rokia Traoré,
ou encore Cesaria Evora, s'affiche aujourd'hui
comme l'une des perles rares de l'Océan
indien.
Né en métropole de parents réunionnais,
Davy Sicard a débuté sa carrière
dans le quatuor a capella « College Brothers
» dans les années 1990 avant de
rejoindre Sabouk, un groupe de jazz Maloya.
Tel un certain Ben Harper, voix et guitare en
main, Davy Sicard décide de se lancer
dans une carrière solo dans les années
2000.
L'artiste renoue vite avec ses racines réunionnaises.
En 2004, Davy Sicard sort un premier album,
« Ker Volkan », dont la plupart
des morceaux sont interprétés
en créole. Pour cet album, Davy Sicard
vagabonde entre le soul, le jazz, le reggae
et le rock.
Deux années plus tard, il entame un voyage
initiatique qui n'est autre que sa quête
identitaire. Un itinéraire illustré
dans un autre opus, « Ker Marron ».
Ici Davy Sicard mélange les instruments
traditionnels tels que le « rouler »,
le « kayamb » avec des instruments
plus modernes.
Davy Sicard continue ses voyages, tournant en
Afrique australe et dans l'Océan indien.
Il puise son inspiration dans ses nombreuses
rencontres et réalise « Kabar »,
son dernier album, sorti en automne 2008. Comme
bon nombre de ses compatriotes, Davy Sicard
chante le maloya ; des notes de blues qu'entonnaient
les esclaves en s'enfuyant dans les montagnes
réunionnaises. A la Réunion, le
kabar est une soirée au cours de laquelle
chacun a la possibilité de danser et
chanter le maloya. Dans son origine malgache,
le kabar signifie une discussion autour de différents
thèmes en rapport avec ce qui se passe
dans le village, la société.
Le kabar de Davy Sicard embrasse les deux significations
puisque l'artiste n'hésite pas à
aborder des thèmes tabous, tels que la
colonisation ou l'esclavage. Comme l'écrivait
Paul Eluard, Davy chante la liberté,
à sa façon.
Aline Fontaine