| Atlas
? Avec un nom aussi géographique, comment
ne pas être ouverte sur le monde ! Ajoutez-y
un prénom russe, une mère anglaise,
un père moyen oriental, une enfance en Belgique,
une adolescence en Grande Bretagne, des origines
égyptiennes, marocaines et palestiniennes,
des Djs anglo-pakistanais, un collectif multiculturel
radical, un goût prononcé pour la musique
arabe, un penchant pour le kitsch et la provocation…
et vous aurez une idée de l’univers
artistique de l’inclassable Natacha Atlas.
Née en Belgique, Natacha Atlas passe les
huit premières années de sa vie dans
le quartier marocain de Bruxelles puis elle part
en Angleterre. Dès 17 ans, la jeune fille
travaille comme danseuse du ventre dans des night
clubs turcs et égyptiens et fait un tube
avec un groupe house des Baléares. En 1993,
elle intègre le collectif multiracial Transglobal
Underground en tant que danseuse du ventre et chanteuse.
Très vite, elle en devient l’un des
4 éléments clefs. Transglobal est
dans la mouvance du label Nation, radical et engagé,
qui mixe la dance avec les musiques indiennes, arabes
et africaines. C’est un creuset expérimental
où se forge l’identité urbaine
et métissée de l’Angleterre
des 90’s.
En 1995, elle se lance avec succès dans une
carrière solo où se rencontrent musiques
occidentales et moyen-orientales. Les collaborations
prestigieuses se multiplient avec un bel éclectisme
: Fundamental, Nigel Kennedy, Jean Michel Jarre,
Sinead O’Connor, Nithin Sawhney, Négresses
Vertes... Mêlant talent et stratégie
avec beaucoup d’intelligence, Natacha Atlas
est devenue un personnage emblématique. Détentrice
d’un Emma awards, ambassadrice de l’Onu
lors de la conférence mondiale contre le
racisme, victoire de la musique en 2000 elle est
capable de coups de coeur, comme vendre une de ses
toiles pour financer un site de fan. En 2008, toujours
dans l’air du temps, elle entame une tournée
totalement acoustique.
Magali Bergès
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