De
Minta, village camerounais, aux scènes
prestigieuses, d’instruments de fortune
à la basse : comme son art aux ronds effluves,
la vie de Richard Bona, né en 1967, suit
un cours lumineux. Dès l’enfance,
ce fils de chanteuse et petit-fils de griot, préfère
ses escapades sonores aux bancs de l’école.
Ses doigts fabriquent et explorent une ingénieuse
guitare à douze cordes, ses jeux musicaux
courent les cérémonies. A Douala,
lorsqu’un expatrié français
lui propose de former l’orchestre de jazz
d’un hôtel, il découvre un
style et un bassiste, Jaco Pastorius, coup de
foudre à l’origine de l’instrument
de prédilection. Direction Paris en 1989,
terre de fructueuses collaborations : Higelin,
Dibango, Lockwood…En 1995, le refus d’une
nouvelle carte de séjour entraîne
l’exil à NY, où son jeu soutient
celui des idoles, Hancock, Zawinul, Bobby McFerrin,
Georges Benson…De Scenes from
my life (paru en 1999chez Columbia)
au dernier opus Bona makes you sweat
en 2008, l’international bassiste
a, depuis, affuté un style personnel
et inventif : un art subtil et charismatique,
entre jazz et traditions africaines, qui « conquiert
des fragments de paradis », et touche
au sublime.
Anne- Laure lemancel